UNE MEILLEURE APPROCHE DU CHIEN
AVOIR L’ŒIL POUR LE CHIEN

Par Clau­dia Wal­ler Orlan­di, Ph.D.

L’éventail de qua­lité recherché chez les chiens dans n'importe quelle race révèle que tout le monde n'est pas né pour être éleveur. Les experts estiment que l'un des signes du poten­tiel d'un éleveur pour pro­duire des ani­maux de haute qua­lité est de savoir s'il possède un « œil pour un chien ».

Gross­man (1983) nous dit :
« L'importance d'avoir un œil pour un chien ne peut pas être surestimée … Il existe des éleveurs extrêmement compétents qui peuvent « par­ler chien », et ne sont pas en mesure de pro­duire un spécimen excep­tion­nel… Pro­duire régulièrement des chiens de qua­lité devrait être considéré comme un art. Pour cer­tains éleveurs, cela vient natu­rel­le­ment, avec peu d'effort ; d'autres doivent apprendre cet art ; et d'autres encore ne réussiront jamais dans le domaine de l’élevage de chiens de race. »

QUE VEUT DIRE « ŒIL POUR UN CHIEN » ?

Un « œil pour un chien » est une ancienne expres­sion qui se réfère à la « capa­cité presque ins­tinc­tive de la per­sonne à reconnaître les vraies qualités et les défauts chez les ani­maux » (Nicho­las, 1979). Gross­man (1992) définit le terme comme « la capa­cité de choi­sir un bon chien sans beau­coup d’efforts » et conclut que cet attri­but, plus que tout autre, est la chose la plus impor­tante qu'un éleveur peut posséder. En plus d'avoir une plus grande capa­cité à visua­li­ser l'impact poten­tiel de divers ancêtres dans le pédigrée d'un chien, les éleveurs avec un « œil » ont ten­dance à sai­sir plus faci­le­ment des concepts de repro­duc­tion abs­traits tels que l'équilibre.

L'analogie sui­vante de Gross­man (1991), qui se réfère à des chiens à poils longs, offre une expli­ca­tion intel­li­gente d'un « œil pour un chien » : je suis cer­tain que tous apprécieront !
« Qu'est-ce que je veux dire par avoir un œil pour un chien ? Per­met­tez-moi de faire une ana­lyse pour vous. Lorsque ma femme fait du shop­ping, elle passe à tra­vers de nom­breux rayons de robes. Pour moi, elles res­semblent à du tis­su sur des cintres. Elle connaît les tailles, les cou­leurs et le style qui lui vont, il est facile pour elle de visua­li­ser les acces­soires nécessaires pour par­faire sa tenue.
Vous, en tant que sélectionneur, devez faire le même genre de recherches : quel type de construc­tion vou­lez-vous pour vos chiots, quelle devrait être leur cou­leur, quels critères, tex­ture et lon­gueur de la robe, implan­ta­tion d'oreille, etc. vou­lez-vous ? Vous devez pou­voir visua­li­ser le père et la mère ain­si que leurs parents et grands-parents. Ensuite, vous pou­vez pro­duire par mariages presque comme ceux que vous avez visualisés. »

CARACTERISTIQUES DES PERSONNES QUI ONT UN « ŒIL POUR UN CHIEN »

1. En tant que sélectionneurs, ils pro­duisent constam­ment des ani­maux de haute qua­lité.
2. Ils peuvent évaluer n'importe quel chien rapi­de­ment et faci­le­ment.
3. Ils ont une capa­cité ins­tinc­tive à reconnaître la qua­lité et la soli­dité dans presque toutes les races. 4. Ils accordent une prio­rité élevée et savent reconnaître l'élément intan­gible : la balance – l’équilibre.

ACQUERIR UN « ŒIL POUR LE CHIEN » : UN MENTOR PEUT AIDER

Pour cer­tains éleveurs, « avoir un œil pour un chien » est une seconde nature. Les éleveurs qui manquent de ce talent natu­rel peuvent deve­nir auto­di­dactes à condi­tion qu'ils aient l'intelligence et la moti­va­tion nécessaires pour dis­cer­ner les spécimens bons et mau­vais qui leur sont sou­mis. (Gross­man, 1983)

Les éleveurs qui pro­duisent constam­ment de bons chiens peuvent avoir un œil natu­rel pour un chien, tan­dis que d'autres per­sonnes per­sis­tantes et dévouées à une race se sont documentées pour acquérir un œil pour le chien. L'artiste a l'œil pour l'équilibre et l'élégance. Il devrait en être de même pour le sélectionneur. Pour ceux qui ont besoin d'entraîner leur « œil », tra­vailler avec un men­tor confirmé peut vous mettre sur la voie rapi­de­ment pour acquérir cet « œil ».
Un men­tor expérimenté peut littéralement pla­cer vos mains sur diverses par­ties de l'anatomie d'un chien et vous gui­der par de nom­breux aspects de l'évaluation phy­sique d'un chien.

ENTRAINER VOTRE « ŒIL »

Les éleveurs peuvent com­men­cer à for­mer leur « œil » en appre­nant à évaluer l'apparence extérieure ou le phénotype d'un chien. Plu­sieurs éléments utiles pour évaluer le phénotype :
1. une copie du stan­dard offi­ciel et illustré de votre race ;
2. une liste des défauts de votre race considérés comme très sérieux, sérieux et mineurs ;
3. une illus­tra­tion des par­ties ana­to­miques du chien ;
4. un système de nota­tion ;
5. un système de sau­ve­garde qui vous per­met de conser­ver vos évaluations pour une uti­li­sa­tion future.

Le pro­ces­sus de for­ma­tion de votre « œil » pour évaluer les caractéristiques de confor­ma­tion d'un chien implique les étapes sui­vantes :

1. Loca­li­sa­tion des par­ties du chien
La connais­sance des par­ties du corps de base d'un chien est une nécessité abso­lue pour tout ama­teur. Étudiez votre stan­dard et ses illus­tra­tions et, à l'aide d'un tableau ana­to­mique, loca­li­sez sur un chien « vivant – modèle » chaque caractéristique de confor­ma­tion. L’étude de chaque par­tie de votre chien est essen­tielle pour décider si elle cor­res­pond au stan­dard – cela consti­tue une étape déterminante dans la for­ma­tion de votre « œil ».

2. Évaluation des par­ties du chien
Après avoir loca­lisé les par­ties du chien, l'éleveur doit évaluer leur confor­mité au stan­dard. Comme le note Gross­man (1983) : « Le fait de relier les différentes par­ties du chien les unes aux autres et de voir cette rela­tion dans son ensemble, plutôt que comme une série de caractéristiques indi­vi­duelles bonnes ou mau­vaises, est la clé que tant d'éleveurs ne sai­sissent jamais » – C'est la notion cru­ciale d'équilibre. La for­ma­tion de votre « œil » pour évaluer l'équilibre nécessite une per­sis­tance et une expérience.

3. Anno­ter vos évaluations
Notez vos évaluations pour référence ultérieure. De nom­breux maîtres éleveurs élaborent des systèmes de nota­tion numériques qui sont rapides et faciles à uti­li­ser lors de la pla­ni­fi­ca­tion des mariages futurs.

4. Établir un plan d’élevage
Sur la base de vos notes et obser­va­tions, établissez un plan pour améliorer les caractéristiques qui ne répondent pas au stan­dard. La nota­tion et la prise d’observations sur les trois premières générations d'ancêtres dans un pédigrée peuvent aider un éleveur à « visua­li­ser » ce qu’un futur accou­ple­ment pour­rait pro­duire. La capa­cité de visua­li­ser les ancêtres derrière un père et une mère fait par­tie intégrante d'un « œil » pour un chien. Un code cou­leur peut être particulièrement utile à cet égard. Il est impor­tant de ne pas marier deux chiens qui possèdent les mêmes fautes et de réaliser que des ani­maux en étroite consan­gui­nité (c.-à-d. ceux qui ont un ancêtre com­mun derrière le père et la mère dans les trois premières générations) peuvent être plus à même de trans­mettre leurs caractéristiques phy­siques à leur progéniture.

UN « ŒIL » POUR L'IDEAL

Un point de départ dans le ren­for­ce­ment de l’«œil » d'un éleveur est la capa­cité à déterminer et évaluer les caractéristiques de confor­ma­tion, les caractéristiques indi­vi­duelles et l'équilibre struc­tu­rel qui définissent une race. Avoir l'œil pour visua­li­ser les ancêtres d'un père et de la mère, com­biné à l'utilisation de systèmes de nota­tion et de références, peut four­nir des infor­ma­tions précieuses sur les traits que les parents sont sus­cep­tibles de trans­mettre à leur progéniture.

Le but d'un éleveur est de créer son chien idéal. Avoir un « œil », c'est-à-dire avoir la capa­cité de reconnaître les qualités chez un chien, ain­si que la capa­cité de visua­li­ser les ancêtres dans un pédigrée, sont les critères les plus impor­tants qu'un éleveur doit posséder pour créer son idéal.

Les références

  • Bat­ta­glia, C. L. 1986. Bree­ding Bet­ter Dogs. Atlan­ta, GA, BEI Publi­shing – ISBN-10 : 0932419062
  • Gross­man, A. 1983. The Stan­dard Book of Dog Bree­ding. Fair­fax, VA, Den­lin­ger – ASIN : B019TLUZGY
  • Gross­man, A. et B. 1992. Win­ning With Pure­bred Dogs. Wil­son­ville, OR, Doral. – ASIN : B009NNYFYM
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